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Développement personnel

Livre : la conférence des oiseaux

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 Lis ce livre, chercheur, tu sauras où aller, dit le poète. Savoure-le longtemps et tu seras nourri. Car il a de quoi t’étonner. Tu le lis une fois et tu crois le connaître, mais non ! Lis-le cent fois, cent merveilles nouvelles ébahiront ton œil

HENRI GOUGAUD

En lisant le livre de Moussa Nabati, “Le bonheur d’être soi“, j’ai découvert un extrait de l’œuvre de Farid al din Attar, poète et théoricien du mysticisme persan. Intriguée et fascinée par la sagesse de l’auteur, j’ai décidé de lire l’ouvrage dans son intégralité. Cette découverte m’a fait beaucoup réfléchir et m’a permis de me poser les bonnes questions sur ma vie. Voici l’extrait en question qui vous présente l’importance d’être pleinement soi. Belle lecture 🙂

I – Résumé de l’œuvre de Farid al din Attar

La conférence des oiseaux est l’œuvre la plus accomplie de Farīd al dīn ʿAttār, poète et théoricien du mysticisme persan. Elle est émaillée de contes, d’anecdotes, de paroles de saints et de fous. Ce conte poétique relate l’épopée mystique de la huppe (messager magique et divin) et d’une trentaine d’oiseaux (chaque oiseau symbolise un comportement ou une faute), en quête de Simorgh, leur roi.

La huppe prévient d’emblée ses compagnons que le chemin pour arriver jusqu’à Simorgh sera long, compliqué et semé d’obstacles et que tous n’y parviendront pas. Pour pouvoir faire le voyage, les oiseaux doivent braver leurs peurs et sortir de leur cage dorée. Lorsque ces derniers trouvent une excuse pour ne pas entamer le périple, la huppe narre un conte de sagesse pour lever leurs doutes ou leurs faux arguments.

Pour arriver jusqu’au trône royal du Simorgh, les oiseaux doivent franchir successivement les sept vallées :
* du Désir,
* de l’Amour,
* de la Connaissance,
* de la Plénitude,
* de l’Unicité,
* de la Perplexité,
* du Dénuement, et
* de l’Anéantissement.

Ces vallées sont dangereuses mais regorgent d’enseignements.

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II – Extrait issu du livre de Moussa Nabati “Le bonheur d’être soi” :

Un jour, tous les oiseaux du monde, menus et gros, connus et inconnus, se réunissent en parlement. Constatant qu’il leur manque un roi, ils décident ensemble de se lancer à sa recherche. Cet oiseau-roi s’appelle le Simorgh, un roi sans rival, leur dit la huppe, habitant au sommet des montagnes de Qaf, au-delà du dernier ciel, de la dernière montagne. « Il est si près de nous, mais nous en sommes si loin ». Cependant, ce désir ardent et impatient de rencontrer le roi semble imprégné d’ambivalence, s’accompagne de résistances, de craintes, de résistances.

Devenir soi apparaît d’emblée à certains comme une tâche ardue, insurmontable, exigent énormément d’efforts et de travail. Beaucoup d’oiseaux se laisse gagner par le doute, tel le hibou, trop attaché à l’or, à la richesse et aux biens matériels de ce monde. D’autres, telle la bergeronnette, s’excusent et se dérobent, prétextant le manque de courage et de confiance en soi, la faiblesse. Certains, tel le paon, prétendent être heureux déjà, n’éprouvant nul besoin de se lancer dans cette interminable odyssée. Enfin, le rossignol se met à chanter « Atteindre le Simorgh, cela me dépasse. L’amour de la rose me suffit. Lorsqu’elle revient au monde en été, j’ouvre mon cœur à la joie. Mes secrets ne sont pas connus de tous, mais la rose les connaît. Je ne pense qu’à la rose. Je ne désire que la rose vermeille. C’est pour moi qu’elle fleurit. Pourrais-je vivre, ne serait-ce qu’une seule nuit, sans ma bien-aimée ? »


Il n’est naturellement pas évident de se libérer de ses attaches, d’abandonner sa tranquillité illusoire, d’accepter de perdre le masque, de trouver le courage de s’en aller loin, à la quête du Simorgh-roi, symbole de la découverte de soi. Nombre de pèlerins ont des difficultés à se détacher des apparences, à dépasser les formes visibles, en transcendant le corps, la santé, la jeunesse, la beauté, la puissance, la sécurité et la reconnaissance, valeurs permanentes et éphémères, pour se brancher sur l’invisible de l’intériorité, leur essence, leur identité. « La vraie beauté est cachée, cherche-la dans le monde invisible. L’amour inspiré par une beauté passagère ne peut être passager lui-même ! ».


Au bout du compte, 100 000 oiseaux acceptent de se lancer, sous la direction de la huppe, dans cette quête. Cependant, beaucoup de réticences, déjà exprimées avant le départ, réapparaissent au fur et à mesure du voyage à travers les vallées et montagnes 
: regrets du passé, peur de l’avenir, manque de volonté et de courage, orgueil, empressement, jalousie, découragement.

Les oiseaux volent durant des années durant, consumant dans cette aventure la plus grande partie de leur existence. Certains réussissent à franchir les sept vallées, chacune plus dangereuse que la précédente, qui les séparent de la montagne Qaf où réside le Simorgh-roi. Ils endurent beaucoup d’épreuves relatives au détachement des valeurs visibles, matérielles et impermanentes : la possession, la richesse, le corps, la santé, la beauté et les plaisirs de la chair.

Tous les 100 000 oiseaux ne parviennent pas à destination. Certains ont, depuis longtemps, rebroussé chemin, où ils se sont noyés dans la mer. D’autres ont péri de terreur, de soif, de fatigue, de maladie, de faim. D’autres, enfin, ont eu les ailes brûlées et le cœur calciné, comme la viande grillée.


Après tous ces périls, les oiseaux (Morgh en persan), qui ne sont plus que trente (Si en persan), vieillis, ébahis, sans plumes ni ailes, fatigués, l’âme affaissée, atteignent la demeure du Simorgh-roi. Au moment de leur mise en route, leurs ailes remplissaient pourtant le monde entier par leur frémissement mélodieux et bigarré !


Un noble chambellan les accueille, ouvrant la porte et soulevant, l’un après l’autre, 70 000 voiles. Alors, un monde nouveau se présente à eux. Tout ce qu’ils ont pu faire antérieurement est purifié et même effacé de leur cœur. Le soleil de proximité darde sur eux ses rayons et leur âme en resplendit. Dans le reflet de leur visage, ces trente oiseaux (Si Morgh) contemplent la face du Simorgh. Tous sont pris de stupéfaction, ignorant s’ils sont restés eux-mêmes ou s’ils sont devenus le Simorgh. Ils s’assurent qu’ils sont véritablement le Simorgh et que le Simorgh est réellement les trente oiseaux. Ils s’assurent qu’eux et le Simorgh ne forme en réalité qu’un seul être ! Alors le Simorgh prend la parole et dit « Le soleil de ma majesté est un miroir. Celui qui vient se voir dedans, tout entier, son corps et son âme. Quoique vous soyez extrêmement changés, vous vous voyez comme vous avez toujours été »
. Il n’existe pas plus long ni plus beau voyage que celui qui mène de soi à soi !

Prête à découvrir ce magnifique conte persan riche en enseignements ? Dites-moi en commentaire ce que vous en aurez pensé ! Si vous avez des questions, n’hésitez pas à me les poser, je vous répondrais avec grand plaisir 🙂


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